Bactérie tueuse, les graines germées ! C’est un peu court…
Posté par Dr Franck Gigon | Posté dans Actualités, Alimentation optimisée | Posté le 14-06-2011
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3255 personnes ont été malades de la bactérie Echerichia coli entéro hemorragique (Eceh), dont 773 atteints du terrible syndrome hémolytique et urémique (SHU) entrainant de graves complications rénales jusqu’à la mort.
Les autorités allemandes ont identifiées formellement l’origine de l’épidémie en Basse Saxe dans une ferme bio de Bienenbüttel… ce sont les graines germées qui sont contaminées et que les tests ont confirmé. Et c’est tout ?… Oui, c’est tout ! Circulez bonnes gens…. le mystère qui nous a tenu en haleine ces dernières semaines est enfin résolu. Ouf !
Et bien sûr, on peut enfin tomber à bras raccourcis sur le monde du « bio» forcément intégriste et sur sa naturalité si rassurante mais cachant des dangers insoupçonnés!
C’est un peu court ! …pour reprendre la formule de Cyrano de Bergerac. Pour ne pas dire simpliste…
Rappelons simplement deux choses essentielles qui ne semblent pour l’instant déranger quiconque. Ni chez les journalistes pourtant habituellement curieux, ni même dans le monde scientifique en général qui semble se contenter de ces derniers résultats benoitement.
Premièrement, l’Echerichia coli est une entérobactérie; Elle vit et provient donc nécessairement du tube digestif d’un animal (ou d’un homme). Deuxièmement, celle qui fait parler d’elle ces derniers temps est devenue de surcroit multi-résistante aux antibiotiques, à tel point qu’aucun de tous les antibiotiques testés n’a eu malheureusement le moindre effet sur celle-ci, et pas plus sur les pauvres patients affectés par elle… Les animaux qui l’hébergeaient (l’hébergent) ont donc été en contact ou traité avec des antibiotiques de façon prolongée pour créer cet état d’antibiorésistance.
Cet état de fait ne se rencontre précisément que dans une configuration particulière… l’élevage intensif des animaux. Configuration qui cumule toutes conditions pour faire naitre ces redoutables bestioles. Nourriture riche en céréales favorisant un milieu intestinal acide propice, promiscuité, antibiotiques à répétition… Ensuite ces bactéries mutées d’origine intestinale se retrouvent soit accidentellement lors de l’équarissage dans la future viande consommée, soit elles partent avec les déjections des animaux pour souiller différents vecteurs comme l’eau par exemple.

En s’arrêtant aux seules graines germées, ou à un quelconque autre végétal, dans la recherche des responsabilités à établir dans cette épidémie, et surtout pour éviter que ça recommence, on « oublie» de s’occuper de la principale source de la contamination, sinon la seule… l’élevage intensif des animaux.
Hasard, négligence, préservation d’intérêts ? Ce qui est sûr, c’est que la seule vraie cause de cette mini catastrophe alimentaire est pour l’instant mise de coté. En omettant de prendre à bras le corps le risque bactériologique inhérent à l’élevage intensif, on se promet encore de magnifiques lendemains de crise sanitaire.
La deuxième question importante persiste: Comment cette bactérie issue de ce mode productiviste s’est retrouvée dans des graines germées… par l’eau contaminée ? par le fertilisant naturel ? un autre vecteur ?
Paradoxe ultime, c’est le monde du bio qui trinque désigné encore comme coupable, alors que simple victime collatérale des excès d’un type de production de l’industrie agroalimentaire.
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Dr Franck Gigon
Merci Donatella
La caution d’une scientifique de renommée mondiale comme toi honore le blog.
Bises