L’échinacée, une arme anti H1N1?
Posté par Dr Franck Gigon | Posté dans Immunité, Plantes de santé, grippe H1N1 | Posté le 16-07-2009
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L’échinacée
Noms vernaculaires : Rudbeckie pourpre, rudbeckia pourpre, échinacée pourpre
Nom latin
Echinacea purpurea
Autres espèces utilisées: E. pallida, E. angustifolia
Famille
Astéracées (composées)
Description:
C’est une plante herbacée vivace s’élevant à 60 cm sur des prairies et des collines sèches dont la floraison commence début juillet et finit au mois de septembre. Ses capitules floraux de grande taille, sont des fleurs tubuleuses jaunes réunies en une sphère centrale, entourées de fleurs ligulées tombantes roses. Sa racine est fusiforme.
Parties utilisées
Racines et parties aériennes
Répartition géographique:
Originaire du centre et du sud des Etats-Unis, cette plante pousse dans les endroits ombragés et humides à la lisière des forêts, sur les collines sèches et jusqu’à une altitude de 1.500 mètres. Elle est maintenant cultivée dans de nombreux pays au climat tempéré.
Historique et usages traditionnels:
L’utilisation de l’échinacée était traditionnelle chez les Amérindiens au 17ème siècle. Les Indiens Sioux et Comanches en appliquaient les racines mâchées sur les blessures, les brûlures et les piqûres d’insectes. Les premiers colons blancs se servirent rapidement de l’échinacée comme remède pour leur bétail et pour eux-mêmes, et commercialisèrent les premières préparations de cette plante dès le début du 19ème siècle. Plus tard au début du siècle suivant, elle sera cultivée activement en Allemagne et en Suisse pour aider à soulager les symptômes d’infections des voies respiratoires supérieures. Les scientifiques européens fondaient beaucoup d’espoir dans cette plante qui promettait des propriétés immunostimulantes et anti-infectieuses, mais avec l’arrivée concomitante des antibiotiques, son intérêt passa en arrière plan. L’échinacée est toujours très utilisé par le grand public sur le continent américain pour ses propriétés anti-infectieuses et immunostimulantes. De nos jours, l’échinacée a été réévaluée devant l’augmentation de souches bactériennes résistantes aux traitement antibiotiques .
Principaux constituants :
-Alkylamides++
-Polysaccharides
-Polyphénols: acide cichorique, échinacoside
-Huiles essentielles: humulène, caryophylline
Propriétés confirmées par littérature scientifique :
Plus de 500 publications ont été réalisées sur cette plante pour analyser ses propriétés anti-infectieuses et immunomodulatrices, avec pour certaines des résultats contradictoires concernant ses effets anti-rhume et anti-grippe (1,6,8,13,14,15).
Une méta-analyse publiée en 2007 portant sur 14 études, permet de conclure à l’efficacité de l’échinacée pour réduire l’incidence et la durée du rhume. Les résultats montrent que les volontaires prenant l’échinacée avaient 65% de risque en moins d’attraper un rhume par rapport à ceux qui n’avaient rien pris. Les participants qui avaient pris de l’échinacée et qui avaient quand même attrapé un rhume ont été malades moins longtemps que ceux qui avaient reçu un placebo. Autre bénéfice constaté de l’échinacée : les participants ont moins souffert du rhume significativement dans l’année que les patients ayant pris un placebo (10).
Certains essais cliniques plus faibles sur le plan méthodologique, menés chez des enfants, ont montré une amélioration significative sur les symptômes d’infection des voies aériennes supérieures avec une bonne tolérance de l’échinacée (9).
De nombreuses expérimentations animales et sur des cultures de cellules, ont d’ailleurs confirmé la capacité modulatrice de différentes espèces d’échinacée sur le système immunitaire inné et acquis, notamment en induisant une activation des cellules T et des macrophages (7,11,12,16).
Notons la présence de composés antiviraux de découverte récente dans l’échinacée, inhibant aussi certains médiateurs de l’inflammation (PgE2) et certains récepteurs à la douleur (2,5).
Précautions d’emploi
La Commission E allemande recommande aux personnes atteintes de maladies auto-immunes de ne pas prendre de l’échinacée à cause de ses effets immunostimulants (3).
Ne pas proposer d’échinacée aux personnes allergiques aux astéracées (marguerite…)
Ne pas donner aux femmes enceintes et allaitantes.
Effets indésirables possibles
Des cas de chocs allergiques anaphylactiques ont été rapportés après la prise d’échinacée.
Des rashs cutanés ont été observés chez des enfants prenant de l’échinacée.
Il existe un cas rapporté d’hépatite aigue grave possiblement induite par l’échinacée (4).
Formes d’utilisation courante:
Infusion/extrait sec/teinture mère/SIPF/extrait titré hydro-alcoolique
Durée du traitement:
En cures discontinues de 10 jours par mois pendant 2 à 3 mois.
Franck Gigon
Bibliographie :
1-Barrett B, Echinacea for upper respiratory infection. J Fam Pract. 1999 Aug;48(8):628-35
2-Birt DF, Widrlechner MP et al. Echinacea in infection. Am J Clin Nutr. 2008 Feb;87(2):488S-92S.
3-Bruneton J. Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes Médicinales, 3e édition. Paris (F) : Technique & Documentation.1999.
4-Kocaman O, Hulagu S, Senturk O.Echinacea-induced severe acute hepatitis with features of cholestatic autoimmune hepatitis.
Eur J Intern Med. 2008 Mar;19(2):148. Epub 2007 Aug 9
5-LaLone CA, Hammer KD et al. Echinacea species and alkamides inhibit prostaglandin E(2) production in RAW264.7 mouse macrophage cells. J Agric Food Chem. 2007 Sep 5;55(18):7314-22
6-Linde K, Barrett B, Wölkart K, Bauer R, Melchart D. Echinacea for preventing and treating the common cold. Cochrane Database Syst Rev. 2006 Jan 25;(1):CD000530. Review.
7-Matthias, A, Banbury, L, Bone, KM, Leach, DN & Lehmann, RP 2008, ‘Echinacea alkylamides modulate induced immune response in T-cells’, Fitoterapia, vp;/ 79, pp. 53-58.
8-O’Neil J, Hughes S, Lourie A, Zweifler J. Effects of echinacea on the frequency of upper respiratory tract symptoms: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Ann Allergy Asthma Immunol. 2008 Apr;100(4):384-8.
9-Saunders PR, Smith F, Schusky RW. Echinacea purpurea L. in children: safety, tolerability, compliance, and clinical effectiveness in upper respiratory tract infections. Can J Physiol Pharmacol. 2007 Nov;85(11):1195-9.
10-Shah SA, Sander S et al. Evaluation of echinacea for the prevention and treatment of the common cold: a meta-analysis. Lancet Infect Dis. 2007 Jul;7(7):473-80. Review. Erratum in: Lancet Infect Dis. 2007 Sep;7(9):580.
11-Stevenson LM, Matthias A, Banbury L, Penman KG, Bone KM, Leach DL, Lehmann RP. Modulation of macrophage immune responses by Echinacea. Molecules. 2005 Oct 31;10(10):1279-85.
12-Sullivan AM, Laba JG, Moore JA, Lee TD.Echinacea-induced macrophage activation. Immunopharmacol Immunotoxicol. 2008;30(3):553-74
13-Turner RB, Bauer R, Woelkart K, Hulsey TC, Gangemi JD. An evaluation of Echinacea angustifolia in experimental rhinovirus infections. N Engl J Med 2005;353:341-8.
14-Woelkart K, Linde K, Bauer R. Echinacea for Preventing and Treating the Common Cold. Planta Med. 2008 Jan 10
15-Yale SH, Liu K. Echinacea purpurea therapy for the treatment of the common cold: a randomized, double-blind, placebo-controlled clinical trial. Arch Intern Med 2004;164:1237-41.
16-Zhai Z, Liu Y, Wu L, Senchina DS, Wurtele ES, Murphy PA, Kohut ML, Cunnick JE. Enhancement of innate and adaptive immune functions by multiple Echinacea species. J Med Food. 2007 Sep;10(3):423-34.